Le Parti Communiste Français a estimé mardi que face à la crise économique "le gouvernement n'a que les mêmes recettes éculées, inefficaces économiquement et injustes socialement""Quand les Français se serrent la ceinture, Fillon brasse du vent", déclare le PCF dans un communiqué, au lendemain de la réunion à Matignon des ministres du pôle économique autour de François Fillon après le recul de la croissance au 2e trimestre.
"Semaine après semaine, la politique du gouvernement ne fait qu'appuyer sur l'accélérateur d'une vie quotidienne devenue insupportable. En guise de réponse, le gouvernement n'a que les même recettes éculées, inefficaces économiquement et injustes socialement", ajoute-t-il. Selon le PCF, "à force de gérer la France pour le profit d'une minorité et des marchés financiers, la droite emmène tout droit les Français dans le mur".
Pour éviter "une récession", le PCF préconise "deux mesures urgentes: une réforme de la fiscalité qui, à l'opposé du paquet fiscal, permette une redistribution de l'argent, et l'augmentation des salaires comme priorité économique absolue".
__________________________________________________________________________________________
Le boulet de douze mois de réformes libérales
L’ensemble des mesures prises depuis un an ont contribué à affaiblir les ressorts indispensables pour enrayer la récession.
Pourquoi s’arrêter en si bon chemin… À entendre le premier ministre, il n’y aurait, face à la récession, pratiquement rien à faire, sinon attendre de cueillir les fruits forcément bénéfiques des réformes engagées depuis un an. Des mesures qui, en réalité, à bien y regarder, laissent la France et les Français affaiblis et moins bien armés.
Paquet fiscal : la faute à 12 milliards d’euros
« Les caisses sont vides », va répétant depuis des mois François Fillon pour couper court à toute revendication sociale, dissuader toute idée de relance par un soutien public aux ménages. On mesure, aujourd’hui plus que jamais, l’ampleur de la faute par laquelle Nicolas Sarkozy a inauguré son mandat. Pour l’essentiel constitué de mesures à l’avantage des foyers les plus favorisés (quasi-suppression des droits sur les grosses successions, bouclier fiscal, crédit d’impôt immobilier, etc.), la loi TEPA, ou paquet fiscal, creuse un trou de 12,5 milliards d’euros cette année dans le budget de l’État. Autant de moyens qui manqueraient cruellement si le gouvernement décidait, à l’inverse, de soutenir le pouvoir d’achat des catégories populaires, moteur le plus sûr de la croissance, en relevant les prestations sociales (allocations familiales, allocation de rentrée scolaire) ou en instaurant un réel dispositif d’aide au transport pour atténuer l’impact de la flambée des carburants. Ce paquet « a épuisé nos dernières marges de manoeuvre », constate l’économiste Nicolas Bouzou.
35 heures supprimées :le travail dévalorisé
En adoptant la loi sur le temps de travail en juillet, le gouvernement et sa majorité UMP n’ont pas seulement détricoté les 35 heures et accordé au patronat toute la flexibilité qu’il réclamait : ils ont donné aux entreprises la latitude de faire travailler plus - beaucoup plus - leurs salariés sans forcément les payer plus. Le forfait des cadres, par exemple, est porté de 218 jours par an à 235, voire 282 par voie de négociation avec l’employeur ; ils seront payés seulement 10 % de plus à compter du 219e jour. Mesurable avant tout par le niveau des salaires, la valeur travail, dont Sarkozy et son équipe ont toujours plein la bouche, n’a, dans les faits, pas été relevée. Elle a même reculé sous les coups de boutoir de l’inflation : selon l’INSEE, le salaire mensuel de base a progressé de 3,1 % de juin 2007 à juin 2008, contre 3,5 % pour les prix. Au-delà de quelques rodomontades, le gouvernement s’est montré impuissant à convaincre les entreprises - dont beaucoup sont pourtant gorgées de profits - d’augmenter les salaires. Quant aux rémunérations des fonctionnaires, il a choisi délibérément de les laisser continuer à perdre du pouvoir d’achat en se contentant d’accorder une hausse de 0,8 % du point d’indice pour 2008.
Prix : tout bénef pour la grande distribution
La loi sur la modernisation de l’économie (LME), votée le mois dernier, était censée traduire en actes l’offensive verbale lancée par le président pour la baisse des prix à la consommation. En vérité, davantage que les consommateurs, grandes surfaces et centrales d’achat devraient en sortir grandes gagnantes. Les premières ont gagné la liberté d’installation de magasins de 300 à 1 000 mètres carrés. Les secondes, une totale liberté de négociation des prix avec les fournisseurs. Les agriculteurs mais aussi les petites entreprises redoutent un nouvel écrasement de leurs revenus. Michel-Édouard Leclerc est comblé. Les consommateurs, eux, peuvent attendre une baisse des étiquettes. Au passif du gouvernement, il faut encore ajouter la hausse coup de matraque du tarif du gaz (+ 14,5 % depuis le début de l’année), concomitante avec la privatisation de GDF, et le renchérissement du coût de la santé avec les franchises médicales…
Logement : Boutin attaque le social
Le logement est l’un des postes de dépenses qui ont le plus gonflé dans le budget des ménages ces dernières années, pesant d’autant sur le pouvoir d’achat. Au lieu de s’employer à favoriser l’accès au secteur social, le projet concocté par la ministre Christine Boutin, validé par le gouvernement le mois dernier (soumis au Parlement en octobre), met des bâtons dans les roues. La loi SRU risque en effet d’être vidée de son sens par une disposition qui intègre l’« accession sociale » à la propriété au quota de 20 % de logement social imposé aux communes. L’effort pour les HLM est clairement freiné. Quant aux locataires du parc social dont les ressources dépassent de 20 % le plafond, gare à eux : un surloyer leur sera appliqué dès 2009. Par ailleurs, les Français sont incités, par une série de mesures, à devenir propriétaires. Autrement dit à s’endetter, au moment où les banques font payer la facture de la crise des subprimes en renchérissant le coût du crédit.
RGPP : dépenses publiques asphyxiées
Ce pourrait être un puissant ressort pour relancer l’activité, mais le gouvernement a décrété que c’était un handicap : avec la RGPP, il a mis en branle une machine à tailler sans retenue dans les dépenses publiques. Armée, école, santé…, rien n’est épargné. Symbole du véritable contresens fait par l’équipe au pouvoir avec ses réformes ultralibérales, elle s’en prend, avec une hargne inégalée, aux services et infrastructures publics alors qu’ils sont non seulement gages d’égalité et de justice, mais points d’appui solides pour l’économie.
Yves Housson
___________________________________________________________________________________________
Des ménages inégaux face aux dépenses énergétiques
La facture énergétique pèse beaucoup plus lourd pour les familles modestes. Elles y consacrent 15 % de leur budget contre 6 % pour les plus aisés.
Les ménages les plus pauvres consacrent 14,9 % de leur budget aux dépenses énergétiques [1], selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), tandis que celles-ci ne représentent que 5,9 % de celles des ménages les plus riches.
Cet écart s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord, les surfaces des logements - et donc les dépenses de chauffage ou d’éclairage qui y sont liées - n’augmentent pas de façon tout à fait proportionnelle aux revenus. Les catégories les plus aisées dépensent davantage en valeur absolue, mais rapporté à leur budget cela représente moins. Les plus démunis sont aussi logés plus souvent dans des habitations coûteuses en énergie (logements anciens, logements sociaux non réhabilités), à l’origine de dépenses supérieures à celles des immeubles respectant des normes d’isolation plus strictes.
Le lieu de résidence est aussi un facteur de disparités. Compte-tenu des prix élevés de l’immobilier en centre-ville, les moins aisés et les couches moyennes ont cherché à se loger à la périphérie des grandes villes souvent sans autres moyens de locomotion que leur voiture. Les catégories dépendantes de l’automobile subissent de plein fouet la hausse des prix des produits pétroliers ce qui pèse sur leur niveau de vie.
Selon l’Ademe “la part des dépenses énergétiques dans le budget d’un citadin reste inférieure de près d’un quart à celle d’un rural”. Les carburants représentent 4,5 % du budget total d’un habitant en milieu rural, contre 2 % de celui d’un parisien qui dispose d’un vaste réseau de transports en commun.
http://www.inegalites.fr/spip.php?article924