« Vers une vraie égalité pour les femmes »
Mariette Sineau est directrice de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences-Po (CEVIPOF), auteure de la Force du nombre. Femmes et démocratie présidentielle, Éditions de l’Aube, 2008, 204 pages, 17 euros.« En terme juridique, les femmes sont citoyennes à part entière puisqu’elles possèdent les mêmes droits que les hommes… Mais c’est un fait récent : jusqu’à la moitié du XXe siècle, elles n’avaient aucun droit politique – elles ont d’ailleurs été parmi les dernières en Europe à être ostracisées de la vie politique.
Jusqu’au début de la Ve République, voire à l’élection de Valéry Giscard d’Estaing en 1974, elles étaient encore frappées par de fortes inégalités juridiques : inégalités de traitement devant l’adultère, inégalité devant le Code civil (les femmes mariées étaient dépossédées de la plupart de leurs droits au profit de l’époux). En outre, elles n’avaient aucun droit de contraception, ni d’IVG…
Aujourd’hui, on peut se réjouir des améliorations juridiques qui font, qu’officiellement, il n’y a plus de sexisme d’État. Mais, il existe toujours des inégalités de fait, notamment sur le marché de l’emploi. Les femmes touchent des salaires inférieurs, des retraites inférieures mais ont un taux de chômage supérieur. Et depuis les débuts de la crise économique de 1973, tous les emplois précaires, ceux qu’on appelle “flexibles”, les temps partiel, l’intérim, etc., touchent en premier lieu les femmes.
Cela explique, d’ailleurs, in fine que leurs retraites soient très inférieures à celles des hommes puisqu’elles ont des emplois moins qualifiés, du temps partiel subi, le plus souvent, et des carrières fragmentées plus ou moins imposées par la naissance des enfants. Seules les femmes, notons-le, sont pénalisées par la naissance des enfants : si l’on compare les taux d’activité des femmes et des hommes en fonction du nombre d’enfants, celui des hommes ne varie pas, alors que celui des femmes diminue au fur et à mesure du nombre d’enfants… ce qui montre bien que l’articulation entre vie professionnelle et vie privée repose encore sur la tête des femmes !
D’autant plus, qu’avec l’allocation parentale d’éducation (APE), instaurée en 1985 puis modifiée en 1994, qui propose le versement d’une somme équivalent à un demi-Smic pour arrêter de travailler et garder les jeunes enfants à la maison, dès la seconde naissance, les femmes ont été encouragées à se retirer du marché de l’emploi.
Or les femmes qui touchent cette APE sont souvent les moins qualifiées – ce ne sont pas les cadres qui s’arrêtent de travailler pour un demi-Smic – et ont, ensuite, beaucoup de mal à se réinsérer sur le marché de l’emploi. Certes, aujourd’hui les femmes ont davantage de diplômes du supérieur, de formations qualifiées mais, à l’heure actuelle, elles représentent encore, globalement, une sorte de variable d’ajustement sur le marché de l’emploi.
Pire, les derniers indicateurs montrent que les femmes vont être frappées de plein fouet par la crise économique et sociale, consécutive à la crise financière. Plusieurs lois ont été votées dont l’objectif avoué était de réaliser l’égalité professionnelle et salariale.
En vain, car les inégalités de fait renvoient à des inégalités en amont : les femmes sont concentrées dans peu de métiers, peu qualifiés, peu rémunérés, s’exerçant souvent à temps partiel, notamment dans le secteur tertiaire et celui des services à la personne. L’égalité sur le marché de l’emploi ne deviendra réalité que lorsque l’on réorientera les femmes vers des filières aux carrières attractives, bien rémunérées.
Pour permettre aux femmes d’accéder à des carrières dignes de ce nom, je pense qu’il faudrait mettre en place des quotas dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Et surtout, j’insiste là-dessus, tant qu’il n’existera pas un “service public de la petite enfance”, tel qu’il y en a dans les pays scandinaves, notamment en Suède, où la naissance d’un enfant est prise en charge par l’ensemble de la collectivité, les femmes seront pénalisées par le fait d’avoir des enfants.
Ce “service public de la petite enfance” signifie multiplier les places en crèche pour que les femmes les plus démunies puissent faire garder leurs enfants dans de bonnes conditions. Car sans politiques familiales égalitaires, l’égalité réelle avec les hommes restera un leurre.
Donc tant que l’État n’aidera pas les femmes à articuler leurs trois vies (affective, éducative, professionnelle), la moitié de la population demeurera pénalisée. »
Propos recueillis par Anna Musso
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Il y a 48 000 viols de femmes par an en France ! par Suzy Rojtman et Maya Surduts
le 25 novembre est de retour : journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. La lutte contre les violences faites aux femmes a déjà une longue histoire en France. Elle a débuté en 1972 par deux journées de dénonciation des crimes contre les femmes à la Mutualité à Paris. Et elle ne s'est pas arrêtée depuis.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/19/il-y-a-48-000-viols-de-femmes-par-an-en-france-par-suzy-rojtman-et-maya-surduts_1269580_3232.html
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QUAND LA FRANCE BAFOUE LES DROITS DE L’ENFANT
Mineurs placés en rétention, privés du droit à la scolarité, à la santé, aux vacances, répression aveugle contre les jeunes délinquants… Vingt ans après son adoption, la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) est de plus en plus malmenée dans notre pays.
Comme les autres structures d’accueil de mineurs isolés étrangers, le centre du Kremlin-Bicêtre, géré par Enfants du monde-Droits de l’homme (EMDH) sous contrat avec l’État, manque cruellement de moyens. …
http://www.laissezpasser.info/
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22 NOVEMBRE : SIX HEURES POUR LES DROITS DE L’ENFANT ET DE LA FAMILLE SANS PAPIERS
La campagne RESF pour l’interdiction du placement des mineurs en centre de rétention et du démembrement des familles et pour la régularisation des jeunes majeurs initiée cet été sur le parvis de Notre-Dame, se conclura provisoirement le 22 novembre à l’occasion des Six heures pour le respect des droits de l’Enfant et de la famille sans papiers qui auront lieu au CentQuatre (104 rue d’Aubervilliers, 75019 Paris) pour marquer l’anniversaire de la Convention internationale des droits de l’Enfant.
Artistes, intellectuels, médecins, magistrats, personnalités du monde associatif, syndical et politique feront entendre, ensemble, leur protestation contre les mauvais traitements infligés aux enfants, aux jeunes et aux familles...
http://www.educationsansfrontieres.org/article24073.html
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C’EST UN SCANDALE !
On connaissait les mariages blancs, les mariages forcés, les mariages arrangés, voici les « mariages gris ».
Ces « escroqueries sentimentales » qui rendent Éric Besson vert-de-gris.
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Pour la poursuite des discussions sur la régularisation des travailleurs(euses) sans papiers
Communiqué commun CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires, Ligue des droits de l’Homme, Cimade, Autremonde, Femmes Egalité, RESF, Droits devant !
Le 1er octobre, nos onze organisations, devant les incohérences de l’application des mesures exceptionnelles de régularisation « par le travail » avaient écrit au Premier ministre pour une « mise à plat »....
http://www.ldh-france.org/Pour-la-poursuite-des-discussions
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Quand la France bafoue les droits de l'enfant
Mineurs placés en rétention, privés du droit à la scolarité, à la santé, aux vacances, répression aveugle contre les jeunes délinquants… Vingt ans après son adoption, la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) est de plus en plus malmenée dans notre pays.
L’analyse de la défenseur des enfants, Dominique Versini, à découvrir dans l’Humanité de vendredi
Le novembre 1989 était adoptée par l’ONU la Convention internationale des droits de l’enfant. Ratifiée par 192 pays, mais pas par les USA. Aujourd’hui, la loi française devrait faire disparaître la défenseure des enfants, « le gardien de l’application de la Convention internationale » selon les termes du président de l’Unicef France, Jacques Hintzy.
Une curieuse façon de répondre au Comité des droits de l’enfant des Nations unies qui vient de demander à la France de « renforcer le rôle du défenseur des enfants et de lui allouer les ressources financières et humaines suffisantes ».
Comme chaque année, la défenseure remet d’ailleurs aujourd’hui au président de la République son rapport annuel ou elle vilipende la politique gouvernementale jugée contraire à l’intérêt de l’enfant. Et, si des milliers de rencontres et d’expositions ont lieu à travers le pays pour marquer cet anniversaire, les initiatives gouvernementales, elles, brillent par leur discrétion.
Á moins que l’on accorde au ministre de l’Immigration le souci du bien-être des enfants quand il annonce la création d’un secteur pour mineurs dans la zone d’attente de Roissy ou quand il valide au Journal officiel les douze centres de rétention habilités à recevoir les familles, au mépris des textes qui interdisent la rétention des mineurs.
Ce sont, en effet, les enfants étrangers qui paient le plus lourd tribut au manque de respect de la Convention par les autorités françaises, en rétention parfois seulement âgés de quelques mois, expulsés avec leurs parents alors que scolarisés, obligés de voir disparaître leur père comme Gayané, qui va fêter ses deux ans à la fin du mois et dont le père vient d’être expulsé en Arménie ou sa vie est menacée… (…)
Emilie Rive